(l'auteur de cet épisode a signé "Fumax")
IL N'Y A PAS DE SIGNET FUMAX SANS ANDROS
HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA!
Les rues du village renvoyaient encore les échos du rire dément qui semblait être tombé de nulle part et de partout.
- Qu'est-ce que c'était que ça, demanda Patrice ?
- C'était Andros, répondit Mickey. Mais cette fois, nous allons enfin savoir qui est ce sinistre personnage.
Velo°, qui était également là, retira un éclat de rire qui s'était fiché dans un mur et l'examina. C'était un rire assez gras, qui laissait des traces faciles à suivre. Les trois mousquetaires quittèrent la place pour s'engager dans la rue de l'Axe Déjà Connu.
Les éclats de rire gras qui badigeonnaient les façades des maisons s'estompaient déjà en ricanements sardoniques. Ils pressèrent le pas.
Au numéro 2424 de la rue, celle-ci finissait sur un carrefour en T. La trace s'était dissipée en un fin rictus, qui s'interrompait là. Les compères avaient le choix entre prendre sur la droite, par la rue de Dabo, ou sur la gauche, par la rue de Villeneuve d'Ascq.
- Il a pris l'orthogonale, c'est sûr, dit Patrice.
- Dis plutôt qu'il a pris la tangente, objecta Velo°. Par où est-il passé ?
- La rue de Dabo me semble un choix logique, dit Mickey. Elle conduit, à la sortie du village, à un rocher dans le Bois Sansoif. Il y a une chapelle, des bornes, des pylônes et plein de coins où se cacher.
- Va par là, si tu veux, répondit Velo°. Mais il est exclu, par principe, que je prenne cette direction. Séparons-nous, c'est de toute façon plus sûr. Je prends l'anti-direction. A tout-à-l'heure.
Mickey et Patrice laissèrent Velo° derrière eux et suivirent la rue de Dabo. Passé les dernières maisons, elle terminait effectivement dans la forêt. Ils eurent la chance de retrouver des traces d'un rire insinuant qui rampait sur le sol. Mickey l'examina : c'était un rire forcé, dont l'haleine bilieuse était encore chaude.
Ils débouchèrent dans une clairière, au moment où la trace disparaissait à nouveau. Patrice et Mickey, bien embêtés, allaient renoncer, quand le rire et la voix explosèrent à nouveau, très proches, mais semblant toujours tomber de nulle part :
HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA!
VOUS N'ARRIVEREZ PAS À ME FAIRE TAIRE! MOI, ANDROS, JE SUIS LA VOIX DE LA SEULE VÉRITÉ ! PAS CELLE DU JEU, QUI EST UNE ENTOURLOUPE, MAIS LA VÉRITÉ SUR LE JEU! ET TANT QUE JE POURRAIS PARLER, JE DÉNONCERAI LES MANOEUVRES DE FUMAX !
HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA!
Patrice et Mickey, tout en essayant de se débarrasser de ces nouveaux éclats de rire tout frais qui leur collaient aux basques comme une pellicule visqueuse, avancèrent dans la clairière en se faisant le plus discret possible. Le ciel s'était fait étrangement crépusculaire. Les herbes folles leur montaient jusqu'aux genoux. Au milieu de la clairière, une lumière qui avait sa source au milieu des herbes, semblait monter du sol.
Quand ils furent près de la source de la lumière, ils constatèrent qu'elle provenait d'une lampe de mineur d'un modèle ancien posée par terre. A côté, un nain vêtu de violet, vraiment petit (il n'avait pas plus d'un pied de Charlemagne de haut), s'époumonait dans un mégaphone. Il semblait ne pas les avoir remarqués.
- HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! JAROD, MICKEY, METEOR, FUMAX, CRAIGNEZ LE GRAND ANDROS, CAR JE DÉJOUERAI VOS PLANS... Euh... Qu'est-ce que vous faites ici ? Non, laissez mon mégaphone. Ne me touchez pas, je peux tout expliquer. Aaaah! Lâchez-moi !
Les deux chercheurs examinèrent le nabot gesticulant que Patrice tenait par le col, en le pinçant entre le pouce et l'index. Le nain piaillait, et Patrice devait tendre le bras pour éviter son haleine fétide, d'une force sans proportion avec sa taille.
- Ainsi, c'est cela, Andros ? dit Mickey, un peu déçu.
- Apparemment, répondit Patrice, en lâchant le nain, auquel il ne trouvait plus d'autre intérêt.
Andros chut dans l'herbe, fit une roulade, et se releva en s'époussetant :
- Oui, dit-il, essayant de se recomposer un personnage. Si vous acceptez de ne pas me faire de mal, je peux tout vous expliquer.
Je suis au courant de tous les secrets de Fumax. Je...
Mais Patrice et Mickey ne l'écoutaient déjà plus et parlaient entre eux :
- Donc, le type est un nain minuscule, mais parle fort, cela explique qu'il puisse se faire entendre sans qu'on le voie.
- Exactement. J'ai toujours dit que ses propos étaient petits, et ça colle.
- Euh... fit Andros, en tirant le bas du pantalon de Mickey. Dites, je vous parle. Je suis en train de vous dire que j'ai des révélations surprenantes à vous faire. Vous voulez pas savoir où se trouve vraiment la chouette ? Et une vraie photo de Fumax tout nu dans son bain, ça vous dit pas ?
- Nous n'avons plus rien à faire ici, dit Patrice à Mickey. Rentrons au village.
- D'accord, répondit ce dernier, qui pivota sur lui-même pour reprendre le chemin par où ils étaient venus.
- Sprouitch, fit Andros.
- Zut, dis Mickey. J'ai marché dans quelque chose, et pfouiii !, ça sent pas la confiture.
- On dit que ça porte bonheur, le consola Patrice.
(à suivre)
Note de Mickey : cet épisode de "Signet Fumax" est répertorié sur le forum. sous le numéro 6126-1-5.
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