(Suite alternative du 6031ème épisode. Résumé des épisodes précédents: Les chasseurs de chouette font contre mauvaise fortune bon cur, espérant ainsi trouver l'ouverture d'où est né ce dernier.)
Le petit groupe descendait le sentier à la queue-leu-leu, déployant des trésors de précautions (c'était apparemment les seuls trésors qu'on pouvait trouver par ici) pour ne pas faire de bruit. Papyrus allait devant, suivi de Mickey, Palot et Piblo. Finn et Vélo fermaient la marche, ce dernier transportant sur son dos son tricycle.
Une brume s'était levée, qui enveloppait les parages d'une atmosphère crépusculaire des plus prometteuse pour des chasseurs de chouette.
Cependant, elle allait s'épaississant, rendant la progression difficile. Le chemin, plutôt raide, était tortueux et semé d'embûches. Sous les pas prudents des chercheurs, des cailloux se détachaient de temps à autres et roulaient au bas de la pente, dans des claquements secs dont les échos se perdaient dans le brouillard.
- Chut! siffla Papyrus, en tête de colonne. Faites moins de bruit.
- Aïe! fit brusquement Mickey. Faites gaffe, les gars. Je me suis fait mordre par une embûche... Mais c'est qu'elles ont l'air agressif, ces saletés !
- T'inquiète pas, le rassura Piblo. Elles sont en nombre limité.
- Vous n'êtes pas sérieux, chuchota Papyrus. Je vous ai demandé de ne pas faire de bruit. Nous ne sommes pas loin du village, et vous risquez d'attirer l'attention des autres.
- A qui la faute ? demanda Mickey, en baissant néanmoins la voix. Pas à moi. Ces embûches...
- Hein ? beugla Vélo en queue de colonne, et qui, du coup, n'avait pas entendu.
- Je répète, dit Mickey. Pas à moi...
- Bon, ça va ! intima Papyrus.
- Ecoute, Papyrus, dit Palot, tu es sûr de ton coup ? Je trouve que le brouillard s'épaissit encore. Il fait pratiquement nuit, tellement on ne voit plus rien.
- Absolument sûr. D'ailleurs, l'atmosphère nocturne confirme que nous sommes près du but. Le journaliste dont je vous ai parlé a filmé la nef encalminée près d'un plan d'eau, ce qui est logique. Une fois qu'on voit la nef, les sentinelles ne sont pas loin. D'ailleurs, je crois qu'on est arrivé.
De fait, le sentier s'achevait sur les berges d'un étang. La brume montait, se détachant de l'eau noire comme on ôte une pellicule malsaine. Un peu en retrait, une vieille barque était échouée. Elle n'avait manifestement pas servi depuis belle lurette et était tapissée d'algues et de reliquats de coquillages spiralés, escargots ou conques : on ne distinguait pas bien.
Papyrus se précipita vers la barque comme s'il avait trouvé le Saint Graal.
- Tu ne vas pas nous dire que c'est cela, la nef ? s'inquiéta Mickey.
Piblo abonda dans son sens :
- Vu le début de fossilisation de l'objet, elle doit effectivement être là de toute éternité. Mais elle est encalaminée, pas encalminée.
- Ouais, dit Palot, mais le A est peut-être un reliquat.
- Bien sûr, que c'est la nef, assura Papyrus. Elle est comme dans le film que j'ai trouvé à l'INA. Je vous rappelle que le journaliste est mort depuis un bout de temps. Et pourtant, la nef est toujours là.
- Bon, fit Finn...
(Oui, pardon, je sais que celle-là ne l'est pas tellement, fine, mais j'ai pas pu m'en empêcher)
... Où sont les sentinelles ? finit-il.
Les chercheurs essayaient de scruter l'obscurité à l'entour. Mais les limites de l'étang se perdaient dans la brume. Il n'y avait de visible dans les parages que la barque abandonnée qui, sous ses couches verdâtres de dépôt végétaux, semblait leur faire des clins d'oeil de vieille aguicheuse trop fardée. On n'entendait que le clapotis de l'eau le long de la berge.
- Les sentinelles doivent être de l'autre côté de l'étang, jugea Papyrus. Poussons la barque à l'eau. D'ailleurs, j'entends qu'on vient. Il faut se décider.
Effectivement, de petits éboulis plus haut sur le sentier annonçaient l'arrivée imminente de concurrents possibles sur cette piste. Le groupe se hâta de pousser la barque à l'eau. Celle-ci était alourdie par son manteau d'algues et de coquillages. A contrario, ce dernier semblait assurer une relative étanchéité de l'esquif. Le groupe embarqua, enfonçant la prétendue nef dans l'eau jusqu'à la limite extrême de flottaison. Mickey et Piblo, armés de perches, les plantèrent dans l'eau et poussèrent pour éloigner le bateau de la rive.
- Mince! Où sont Finn et Vélo ? On les a oubliés !
- Ils s'étaient éloignés sur la berge. Tant pis! On n'a pas le temps de revenir les chercher.
Ils avaient parcouru une vingtaine de mètres et la berge s'effaçait déjà dans la brume, quand le groupe de leurs suiveurs y arriva. Parmi les nouveaux venus, ils reconnurent Drazic l'armateur, armé d'un sabre d'abordage, qui hurla dans leur direction :
- RAAAH! BANDE DE LACHES! VOUS FUYEZ! REVENEZ! JE VEUX M'ASSOCIER AVEC VOUS! VOUS CROYEZ QUE VOUS SAUREZ ARMER ET PILOTER LA NEF SANS L'AIDE DE DRAZIC L'ARMATEUR ? VOUS N'ARRIVEREZ JAMAIS A TRAVERSER LE BROUILLARD SANS MOI ! JE SUIS VOTRE FANAL ! NE PARTEZ PAS ! MA VENGEANCE SERA TERRIBLE !
- Pourquoi est-ce qu'il gueule toujours comme ça ? demanda Piblo.
- Il a du bloquer son clavier en position majuscule, répondit Palot. On tous cas, on l'a échappé belle. Continuez à pousser sur les perches.
(à suivre)
Note de Mickey : cet épisode de "Signet Fumax" est répertorié sur le forum sous le numéro 6060.
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